2. Le retour à Dieu ou le repentir



« Seigneur! Aide-moi a penser constamment Toi, à Te rendre grâce et a T'adorer comme il se doit ». (Invocation du Prophète (BSDL)

CHAPITRE 2

Le retour à Dieu ou le repentir

Les savants ont dit:

« Le repentir de tout pêché est une obligation:

a) S 'il s 'agit d'une désobéissance entre l'homme et Dieu exalté, ne se rapportant pas au droit d'un humain, le repentir a trots conditions pour être agréé de Dieu:

Qu'on cesse immédiatement de désobéir.
Qu'on éprouve le regret d'avoir désobéi.
Qu'on décide de ne jamais plus revenir à cette désobéissance.
Si l'une de ces trois conditions vient a manquer, le repentir n'est plus valable.

b) Si cette désobéissance lèse un être humain, le repentir a alors quatre conditions:

les trois précédentes et l'on doit s'acquitter en outre du droit de la personne lésée.
S'il s'agit d'argent ou autre chose pareille, on doit le lui restituer.
S'il s'agit d'une calomnie proférée contre lui, on doit se mettre à sa disposition pour en recevoir le châtiment, ou bien on essaie d'obtenir son pardon.
Si c'est une médisance, on doit aussi s'en excuser.
On doit se repentir de tous les pêchés.
Si le pêcheur se repent seulement de certains de ses pêchés, les gens justes disent que son repentir est valable pour ce qui concerne ces pêchés mais qu'il doit se repentir de ce qui en reste.
Les arguments du Livre, de la Sunna et du consensus de la communauté sont tous unanimes pour dire que le repentir est obligatoire.

Dieu exalte a dit:

1. Chapitre 24, verset 31:

' '... Revenez tous a Dieu, o Croyants! Peut-être récolterez-vous le succès' '.

2. Chapitre 2, verset 3:

' 'Implorez votre absolution de votre Seigneur puis revenez a Lui' '.

3. Chapitre 66, verses 8:

' '0 vous qui avez cru! Revenez a Dieu dans un retour sincère' '.


Pour ce qui est des Hadiths:

13. Abou Hourayra (DAS) à dit: J'ai entendu dire le Messager de Dieu (BSDL): ' 'Par Dieu! ,Je me repens sûrement chaque jour plus de soixante dix fois' '. (Rapporte par AlBoukhari)

14. AlAgharr Ibn Yasar AlMouzanni a dit: Le Messager de Dieu (BSDL) a dit: ' '0 gens! Revenez à Dieu et implorez de Lui votre absolution; je me repens moi-même cent fois par jour' '. (Rapporte par Moslem)

15. Anas Ibn Malek AlAnsar' (DAS), le serviteur du Messager de Dieu (BSDL) a dit: Le Messager de Dieu (BSDL) a dit: ' 'Certes Dieu se réjouit du repentir de Son esclave plus que ne se réjouit l'un de vous lorsqu'il retrouve par hasard son chameau après l'avoir perdu dans une terre désertique' '. (URA)

Et dans la version de Moslem: ' 'Dieu Se réjouit certainement du repentir de Son esclave quand il revient a Lui plus que ne se réjouit l'un de vous qui était sur sa monture dans une terre désertique. Elle s'échappe tout a coup en emportant sa nourriture et sa boisson. II désespère de la revoir et s'allonge a l'ombre d'un arbre n'ayant aucun espoir de retrouver sa monture. Cependant qu'il était ainsi, voila que sa monture se tient debout devant lui. Il la saisit par la bride et dit sous l'effet de sa joie excessive: ' ' Seigneur Dieu ! Tu es mon esclave et je suis Ton seigneur' ' s'étant embrouillé tellement il était joyeux)' '.


16. Selon Abou Musa AlAsh'ari (DAS), le Prophète (BSDL) a dit: ' 'Dieu exalté tend Sa Main la nuit pour accepter le repentir du pêcheur du jour et le jour pour accepter le repentir du pêcheur de la nuit; et ce jusqu'a ce que le soleil se lève de l'Occident (c'est à dire jusqu'a la résurrection)' '. (Rapporté par Moslem)

17. Selon Abou Hourayra (DAS), le Messager de Dieu (BSDL) a dit: ' 'Celui qui s'est repenti avant que le soleil ne se lève de l'Occident, Dieu agrée son repentir' '. (Rapporte par Moslem)

18. Selon 'Abdullah Ibn 'Omar (DAS), le Prophète (BSDL) a dit: ' 'Dieu glorifié et honoré accepte le repentir de l'esclave (= l'homme) tant qu'il n'est pas a l'agonie de la mort' '. (Rapporte par Attirmidhi)

19. Zirr Ibn Houbeysh a dit: ' 'Je me rendis chez Safwan Ibn 'Assal (DAS) pour l'interroger sur le passage des mains sur les chaussures (permission réservée au voyageur, dans ses ablutions, de ne pas se déchausser mais de passer ses mains mouillées sur ses chaussures). Il me dit: ' 'Qu'est-ce qui t'a fait venir, o Zirr?' '. Je dis: ' 'La recherche du savoir' '. Il dit: ' 'Les Anges baissent leurs ailes (par respect et humilité) devant celui qui se consacre a la recherche du savoir' '. Je dis: ' 'Mon esprit n'a pas accepté la permission du passage des mains après les défécations et l'urine, et tu es l'un des Compagnons du Prophète (BSDL). Je suis donc venu te demander si tu l'as entendu dire pareille chose' '. Il dit: ' 'Oui, et il nous ordonnait, quand nous étions en voyage, de ne pas nous déchausser durant trois jours avec leurs nuits sauf en cas de souillure majeure (rapport sexuel) a l'exception des défécations, de l'urine et du sommeil (se sont les actes qui rompent les petites ablutions)' '. Je dis: ' 'L'as-tu entendu dire quelque chose au sujet de ceux que l'on aime?' '. Il dit: ' 'Oui. Nous étions avec le Messager de Dieu (BSDL) dans un voyage. Alors que nous étions auprès de lui voila qu'un Bédouin l'appela d'une voix qu'il avait bien forte: ' '0 Mohammad!' ' Le Messager de Dieu (BSDL) lui répondit à peu près sur le même ton: ' 'Me voici!' '. Je dis au Bédouin: ' 'Malheur a toi Baisse un peu ta voix car tu es devant le Prophète (BSDL) et Dieu t'a déjà interdit d'élever ainsi ta voix!' '. II dit: ' 'Par Dieu je ne baisserai pas ma voix' '. Puis il dit: ' 'L'homme aime certaines gens mais ne peut atteindre leur niveau (pour être avec eux au Paradis), dis-moi ce que tu en penses!' '. Le Prophète (BSDL) lui dit: ' 'Au jour de la résurrection, l'homme est avec ceux qu'il a aimés' '. Puis il ne cessa de nous parler jusqu'a ce qu'il cita une porte qui s'ouvrirait de l'Occident et dont la largeur équivaudrait au parcours du cavalier durant quarante ou soixante dix ans. Soufyan, l'un des narrateurs, dit: ' 'Cette porte s'ouvrira du coté de la Syrie. Dieu exalté l'a créée le jour même ou il créa les cieux et la terre, ouverte au repentir et ne se refermant que lorsque le soleil se lèvera de son coté' '. (Rapporte par Attirmidhi)

20. Selon Abou Sa'id AlKhoudri (DAS), le Messager de Dieu (BSDL) a dit: ' 'Parmi ceux qui vivaient avant vous il y avait un homme qui avait tué quatre vingt dix neuf personnes. Il demanda quel était le plus grand savant de la terre. On lui désigna un moine. Il alla le trouver et lui dit qu'il avait tué quatre-vingt-dix-neuf personnes. Est-ce qu'il lui restait quelque possibilité de se repentir? ' 'Le moine dit aussitôt: ' 'Non' '. II le tua sur le coup et complèta ainsi a cent le nombre de ses victimes. Puis il demanda quel était l'homme le plus savant de la terre. On lui en désigna un. Il lui dit: ' 'J'ai tué cent personnes. Ai-je encore quelque possibilité de me repentir?' '. II lui dit: ' 'Oui et qu'est-ce qui s'oppose a ton retour a Dieu? Va a tel pays. La vivent des gens qui ne font qu'adorer Dieu exalté. Adore Dieu avec eux et ne retourne plus a ton pays car c'est une terre de mal' '. Il se mit donc en marche et lorsqu'il fut a la moitié du chemin il fut atteint par la mort. Les Anges de la miséricorde (ceux qui accueillent les mourants agrées de Dieu) se disputèrent a son sujet avec les Anges des tourments (les uns voulant le destiner au Paradis, les autres voulant le destiner a l'Enfer). Les Anges de la miséricorde dirent: ' 'II est venu plein de repentir désirant de tout cœur retourner a Dieu' '. Les Anges des tourments dirent: ' 'II n'a jamais fait de bien dans sa vie' '. C'est alors qu'un Ange vint a eux sous une apparence humaine. Ils le prirent comme arbitre. II leur dit: ' 'Mesurez la distance qui le sépare de la terre du mal et celle qui le sépare de la terre du bien. Destinez-le ensuite a celle dont il est le plus proche' '. Ils mesurèrent et trouvèrent qu'il était plus près de la terre qu'il voulait rejoindre et ce furent les Anges de la miséricorde qui lui retirèrent son âme. (URA).

Dans une autre version: ' 'La cite vertueuse était plus proche d'une seule palme et c'est pourquoi il fut compte de ses habitants' '. Dans une troisième version: ' 'Dieu exalté inspira à la terre du mal de s'éloigner et a celle du bien de se rapprocher. Puis il dit: ' ' Mesurez la distance qui les sépare' '. Ils trouvèrent qu'il était plus proche d'une palme de la cite du bien. Aussi fut-il absout de ses pêchés' '.


Commentaire :

Le Croyant doit constamment vivre entre la crainte de l'Enfer et l'espoir du Paradis. 11 ne doit a aucun moment se sentir a l'abri de la ruse de Dieu.
Notre seigneur le calife Abou Bakr (DAS) disait que même s'il avait déjà un pied au Paradis il ne se sentirait a l'abri de la ruse de Dieu que lorsqu'il y mettrait l'autre.
Un Hadith nous dit qu'un homme peut faire durant toute sa vie l'œuvre des gens destinés au Paradis et commettre a sa fin un pêché qui l'envoie droit en Enfer.
De même qu'un homme peut agir toute sa vie a la façon des gens destinés a l'Enfer puis faire a sa fin une seulc bonne action qui lui ouvre les portes du Paradis.
On rapporte qu'un Bédouin vint demander au Prophète (BSDL), juste avant une bataille, s'il irait au Paradis en mourant pour la cause de Dieu.
Le Prophète (BSDL) lui dit: ' ' 0ui' '.
Le Bédouin jeta alors les quelques dattes qu'il mangeait et se lança comme un lion dans la bataille ou il connut le martyre.
Le Prophète (BSDL) dit a ses Compagnons: ' 'Voila un homme qui n'a a son actif ni prières ni jeunes mais qui entrera quand même au Paradis' '.
Cela ne veut nullement dire qu'on ne doit pas s'acquitter de ses obligations religieuses des la tendre enfance, mais qu'on ne doit jamais désespérer de la clémence de Dieu ni être trop sur de la validité de son oeuvre.

21. 'Abdullah Ibn Ka'b Ibn Malek a dit: ' 'J'ai entendu Ka'b Ibn Malek (DAS) raconter sa fameuse histoire lorsqu'il faussa compagnie au Messager de Dieu (BSDL) lors de l'expédition de Tabuk. Ka'b a dit: Je n'ai jamais faussé compagnie au Messager de Dieu (BSDL) dans aucune de ses campagnes sauf dans celle de Tabuk. Cependant je n'ai pas participé à la bataille de Badr et, a ce moment, aucun de ceux qui s'en étaient absentée ne reçut pour cela de reproche. C'est que le Messager de Dieu (BSDL) n'était alors sorti avec les Musulmans qu'a la recherche de la caravane (commerciale) de Qoreysh jusqu'a ce que Dieu exalté les mit face a face avec leur ennemi, sans rendez-vous préalable. J'ai effectivement été témoin avec le Messager de Dieu (BSDL) de la nuit de 'Aqaba ou nous avions signé notre pacte sur la base de l'Islam. Or je ne donnerai pas un tel honneur en échange de ma participation à la bataille de Badr, bien que les gens la mentionnent plus souvent que l'alliance d'Al'Aqaba en question.

Pour ce qui est de ma défection de l'expédition de Tabuk, je n'ai jamais été plus fort, ni plus riche que lorsque j'y fis défaut. Par Dieu, je n'avais jamais possèdé avant elle deux montures à la fois. Le Messager de Dieu (BSDL) n'entreprenait jamais une expédition sans faire semblant de se diriger vers une autre (pour tromper les espions de l'ennemi); jusqu'a ce que vint le tour de cette expédition qu'il fit dans une période de très grandes chaleurs. Il se mit donc en route pour un long voyage (les confins de la Palestine) dans un immense pays désertique et aride. Il devait en outre rencontrer un ennemi très nombreux. Aussi dit-il cette fois aux Musulmans leur vraie destination afin qu'ils prennent leurs dispositions en conséquence. Les Musulmans étaient nombreux avec lui, mais aucun registre ne les mentionnait. Ka'b a dit: ' 'Si bien que celui qui voulait déserter était presque sur de passer inaperçu, a moins que Dieu ne fasse une révélation coranique a son sujet. Donc le Messager de Dieu (BSDL) entreprit cette expédition a un moment ou les fruits étaient murs et ou l'ombre était bien désirable. Or j'étais l'homme le plus désireux de jouir de ces fruits et de cette ombre. Le Messager de Dieu (BSDL) s'était équipé de même que les Musulmans avec lui. Quant a moi, je sortais tous les matins pour m'équiper mais je rentrais sans en avoir rien fait, me disant, a chaque fois, que je pourrais le faire a l'heure que je voulais. Cette situation dura jusqu'a ce que les Musulmans eussent redoublé d'efforts dans leurs préparatifs et, le lendemain matin, ils prirent le chemin de la guerre avec le Messager de Dieu (BSDL). Je n'avais pourtant rien préparé pour être des leurs. Je rentrai donc chez moi, cette fois encore, sans avoir rien fait. Si bien qu'ils prirent sur moi une trop grande avance. A un moment donne, pourtant, j'ai voulu partir a leurs traces (et combien j'aurais voulu l'avoir fait!) mais Dieu ne me prédestinait pas a cet honneur. Chaque fois que je me mêlais aux gens après le départ du Messager de Dieu (BSDL) je ne me voyais semblable qu'a quelqu'un sur qui pesait lourdement une ombre d'hypocrisie ou a l'un de ces faibles que Dieu avait exemptés pour cause de maladie. Le Messager de Dieu (BSDL) ne cita pourtant pas mon nom jusqu'a son arrivée a Tabuk. Cependant qu'il était assis avec un nombre de gens, il dit par la suite: ' 'Qu'a donc fait Ka'b Ibn Malek?' '. Quelqu'un des Bani Salma dit: ' '0 Messager de Dieu! II a été sans doute retenu à Médine par la beauté de ses habits et par sa vanité' '. Mou'adh Ibn Jabal (DAS) lui dit alors: ' 'Quelles bien vilaines paroles tu viens de proférer! O Messager de Dieu! Nous n'avons jamais entendu dire a son sujet que du bien' '. Le Messager de Dieu (BSDL) ne dit rien. Dans ces entre faits apparut a l'horizon un homme vêtu de blanc s'avançant dans le mirage. Le Messager de Dieu (BSDL) dit: ' 'Sois Abou Khaythama!' ', et ce fut effectivement Abou Khaythama l'Ansarite. C'était lui qui avait fait jadis aumône de quelques poignées de dattes, ce qui lui valut les sobriquets des hypocrites. Ka'b dit: ' 'Lorsque j'appris que le Messager de Dieu (BSDL) avait pris le chemin de retour de Tabuk, je fus envahi d'une grande tristesse. Je me mis a penser a quelque mensonge pour me disculper en me disant en moi-même: ' 'Quelle excuse va bien me sortir de sa colère?' '. Je pris conseil en cela auprès des gens de ma famille. Quand on m'a appris que le Messager de Dieu était désormais tout proche, toutes mauvaises inspirations disparurent de mon esprit et je sus ainsi que rien ne pouvait me sauver de sa colère. Aussi ai je décidé de choisir plutôt la voie de la sincérité. Le lendemain matin il était de retour. Or, lorsqu'il rentrait d'un voyage, il réservait toujours sa première visite a la mosquée. Il y fit deux unités de prière (rak'a) puis s'assit pour accueillir les gens. C'est alors que vinrent a lui ceux qui ne l'avaient pas suivi, lui présentant leurs excuses avec force serments. Ils étaient un peu plus de quatre vingt. II accepta leur état apparent, agrée leur allégeance et implore pour eux l'absolution divine tout en laissant a Dieu exalté le soin de juger ce qu'ils cachaient en eux-mêmes.

C'est alors que je vins moi-même. Quand je le saluai, il sourit a la façon de quelqu'un en colère puis me dit: ' 'Viens ici!' '. Je vins en marchant et je m'assis devant lui. II dit: ' 'Qu'est-ce donc qui t'a empêché de te joindre a nous? N'avais-tu pas déjà acheté ta monture?' ' Je dis: ' '0 Messager de Dieu! Si je me trouvais maintenant devant un autre que toi de tous les habitants de ce monde, j'aurais certainement jugé que je m'en sortirais par quelque excuse, d'autant plus que j'ai le don de la polémique. Mais, par Dieu, j'ai bien su que si je te racontais aujourd'hui quelque mensonge pour te satisfaire, Dieu ne serait pas loin de me frapper de Sa colère et, si je te disais la pure vérité qui pourrait te fâcher quelque peu contre moi, je pourrais espérer une conclusion heureuse de la part de Dieu glorifié et honoré. Par Dieu, je n'avais aucune excuse de rester a l'arrière. Par Dieu, je n'avais jamais été aussi fort ni aussi riche que lorsque je t'ai fait défection' '. Le Messager de Dieu (BSDL) dit alors: ' 'Voila quelqu'un qui a parlé sincèrement. Debout et va-t-en de la en attendant que Dieu prononce sur toi Son jugement!' '. Des hommes de la tribu des Bani Salma sortirent a ma suite et me dirent: ' ' Par Dieu, nous n'avons jamais appris sur toi que tu avais commis un péché avant celui-la. Tu aurais bien pu l'excuser auprès du Messager de Dieu (BSDL) comme se sont excusés les autres déserteurs. Il t'aurait largement suffi auprès de Dieu que Son Messager priât pour ton absolution' '. II dit: ' ' Par Dieu, ils n'ont pas cesse de me faire des reproches jusqu'a ce que j'ai voulu retourner auprès du Messager de Dieu pour revenir sur mes premières déclarations. Puis je leur dis: ' 'Est-ce que d'autres sont dans mon cas?' ' Ils dirent: ' 'Oui, il y a deux hommes qui tinrent les mêmes propos que toi et qui obtinrent la même réponse' '. Je dis: ' 'Qui sont-ils?' '. Ils dirent: ' 'Mourara Ibn Arrabi'i Al 'Amri et Hilal Ibn Oumaya Al Waqifi' '. II dit: ' 'Ils m'ont nommé la deux hommes vertueux qui avaient participé a la bataille de Badr et qui étaient dignes d'être pris en exemple. Lorsqu'on me les cita, je m'en alla). Le Messager de Dieu (BSDL) avait interdit entre-temps qu'on nous adressât la parole a tous les trois entre tous ceux qui avaient déserté. Ainsi les gens nous évitaient (ou il a dit: ' 'Changèrent d'attitude envers nous' ') si bien que je ne reconnaissais plus la terre car ce n'était plus celle que je connaissais. Nous restâmes dans cette situation cinquante longues nuits. Quant à mes deux compagnons d'infortune, ils se résignèrent a leur sort, gardèrent leur maison et ne cessèrent pas de pleurer. Pour ma part, j'étais le plus jeune et le plus fort des trois. Je sortais pour prendre part a la prière avec les Musulmans et je parcourais les marches sans que personne ne m'adressât la parole. J'allais a chaque fois au Messager de Dieu (BSDL), je le saluais alors qu'il était assis après la prière. Je me demandais en moi-même s'il avait ou non remue les lèvres pour répondre a mon salut. Puis je me plaçais pour prier tout près de lui et je l'épiais furtivement. Quand je me plongeais dans ma prière, il me regardait et quand je me tournais vers lui, il se détournait de moi. Quand cette mise en quarantaine des Musulmans aura trop longtemps pour moi, je n'ai pas hésité a passer par-dessus le mur de Abou Qatada; il était mon cousin et l'un de mes plus chers amis. Je lui adressai le salut. Par Dieu, il n'a même pas daigné me le rendre. Je lui dis: ' '0 Abou Qatada! Je te supplie par Dieu de me dire si tu sais que j'aime Dieu et Son Messager' '. Il se tut. J'y revins de nouveau et il se tut encore. J'insistai encore une fois et il me dit enfin: ' 'Dieu et Son Messager sont plus à même de le savoir' '. Mes yeux débordèrent alors de larmes. Je m'en allai et passai de nouveau par-dessus son mur. Tandis que je déambulais dans les rues commerçantes de Médine, voila qu'un Nabatéen (paysan) de Syrie, de ceux venus avec du blé pour le vendre, criait: ' 'Qui peut me dire ou se trouve Ka'b Ibn Malek?' '. Les gens se mirent a me designer jusqu'à ce qu'il vint à moi et me donnât une lettre de la part du roi de Ghassan. Je savais alors lire. Je lus donc la lettre et il y avait ceci: ' 'Or donc, nous avons appris que ton compagnon (le Prophète) est en froid avec toi et Dieu ne t'a jamais placé dans une demeure d'humiliation et d'abandon. Rejoins-nous donc et Nous te consolerons de tes déboires' '. Je dis après sa lecture: ' ' Voila bien encore l'une de ces épreuves qui m'accablent en ces moments' '. Je me dirigeai avec la lettre vers le four a pain et je la brûlai. Jusqu'a ce qu'eussent passé quarante nuits (de quarantaine imposée). La révélation de Dieu tardait a venir (pour me disculper). C'est alors que l'envoyé du Messager de Dieu (BSDL) vint me dire: ' 'Le Messager de Dieu (BSDL) t'ordonne de ne plus approcher ta femme' '. Je lui dis: ' 'Dois-je la répudier? ou bien que dois-je faire?' ' Il dit: ' 'Non, mais isole-toi simplement d'elle et ne l'approche plus' '. Il envoya le même message à mes deux compagnons. Je dis a ma femme: ' 'Va chez ta famille et reste-s'y jusqu'a ce que Dieu prononce Son jugement dans cette affaire' '. La femme de Hilal lbn Oumaya vint dire au Messager de Dieu (BSDL): ' '0 Messager de Dieu! Hilal Ibn Oumaya est un vieillard perdu n'ayant aucun domestique. Est-ce qu'il te répugne que je le serve?' '. Il dit: ' 'Non, mais qu'il ne t'approche surtout pas!' '. Elle dit: ' 'Par Dieu, il est incapable de quoi que ce soit et, par Dieu, il ne cesse de pleurer jusqu'a ce jour depuis cette triste affaire' '. Certains de mes parents me dirent: ' 'Pourquoi ne demandes-tu pas au Messager de Dieu la permission de garder ta femme puisqu'il a autorise celle de Hilal Ibn Oumaya à le servir?' '. Je dis: ' 'Je ne demanderai pas la permission de la garder car je ne sais ce que dirait de moi le Messager de Dieu (BSDL) Si je lui demandais cette permission alors que je suis jeune' '. Je restai ainsi dix nuits; si bien que s'accomplirent pour nous cinquante nuits depuis qu 'il a été interdit de nous adresser la parole.

Puis je fis la prière de l'aube le lendemain de la cinquantième nuit sur le toit de l'une de nos maisons. Pendant que j'étais assis dans cet état dont Dieu à parle dans Son Livre (' 'jusqu'a ce qu'ils se fussent sentis a l'étroit dans la terre malgré son ampleur' ') j'entendis tout a coup la voix de quelqu'un qui criait du haut du mont Sala' me disant aussi fort qu'il pouvait: ' '0 Ka'b Ibn Malek! Réjouis-toi de la bonne nouvelle!' ' Je tombai aussitôt en prosternation sachant que quelque chose de nouveau était venue me délivrer de ma situation oppressante. Le Messager de Dieu (BSDL) avait en effet annonce lors de la prière de l'aube que Dieu avait enfin agrée notre repentir. Les gens coururent vers nous pour nous porter la bonne nouvelle. Deux hommes partirent pour en informer mes deux compagnons et un troisième se lança dans ma direction au galop de son cheval. Un autre homme de la tribu de Aslam se dirigea en vitesse vers moi et parvint, avant l'arrivée du cavalier. sur le mont Sala'. Sa voix fut plus rapide que le cheval. Quand vint a moi celui dont j'avais entendu la voix annonciatrice de bonne nouvelle, je lui ôtai mes deux tuniques et je l'en revêtis, en récompense de sa bonne nouvelle. Par Dieu, je n'avais pas d'autres tuniques que celles-la. Je dus en emprunter deux pour me couvrir moi-même. Je partis alors en direction du Messager de Dieu (BSDL) cependant que les gens m'accueillaient en groupe, me félicitant de l'agrément de mon repentir et me disant: ' 'Nous te félicitons pour l'agrément par Dieu de ton repentir' '. J'entrai finalement a la mosquée et voila que le Messager de Dieu (BSDL) y était assis au milieu des gens. Talha Ibn 'Oubeydullah (DAS) se leva alors et vint vers moi en courant. II me serra la main et me félicita. Par Dieu, aucun autre des Mohajirin (les exilés de la Mecque) ne se leva a ma rencontre. Ka'b n'a jamais plus oublie à Talha cette marque d'amitié. Ka'b dit: ' 'Lorsque j'eus salué le Messager de Dieu (BSDL), il me dit, le visage rayonnant de joie: ' 'Réjouis-toi du plus beau jour que tu aies jamais connu depuis que ta mère t'a mis au monde!' '.

Je dis: ' 'Est-ce que cette faveur provient de toi, o Messager de Dieu, ou est-ce de Dieu?' ' II dit: ' 'Plutôt de Dieu glorifié et honoré' '. Or, quand le Messager (BSDL) était content, son visage rayonnait de lumière au point qu'il ressemblait à un morceau de lune éclatante. Nous savions cela de lui. Une fois assis devant lui, je dis: ' '0 Messager de Dieu! Pour prouver encore plus mon repentir, je voudrais faire aumône d'une partie de mes biens pour Dieu et pour Son Messager' '. Le Messager de Dieu (BSDL) dit: ' 'Garde une partie de tes biens pour toi-même, cela est préférable pour toi' '. Je dis: ' 'Je garde ma part de butin de Khaybar' '. Je dis en outre: ' '0 Messager de Dieu! Dieu exalté ne m'a sauve qu'à cause de ma sincérité et, comme autre preuve de mon repentir, je ne dirai plus que la vérité tant que je vivrai' '. Par Dieu je n'ai jamais appris jusqu'a ce jour qu'aucun Musulman n'a été mieux récompensé que moi par Dieu exalté pour sa sincérité depuis que j'ai dit cela au Messager de Dieu (BSDL); je souhaite que Dieu me préserve du mensonge pour le restant de ma vie' '. II dit: ' 'Dieu exalté fit alors descendre (révéla) les versets suivants: ' 'Dieu a agrée le repentir du Prophète, des Mouhajirun et des Ansars qui l'ont suivi dans les heures difficiles...' '. Jusqu'a ces paroles: ' '... Il est certainement pour eux compatissant et miséricordieux. II agrée aussi le repentir des trois qui ont été laissés de coté jusqu'au moment ou la terre devint pour eux bien étroite malgré son ampleur...' ' jusqu'a ce qu'il arriva a ces mots: ' 'Craignez pieusement Dieu et soyez parmi les véridiques' '). Ka'b dit: ' 'Par Dieu, je n'ai jamais reçu de Dieu une plus grande grâce depuis qu'il m'a guide a l' lslam que celle d'avoir été sincère avec le Messager de Dieu (BSDL) et de ne lui avoir pas dit de mensonge. Sinon j'aurais été perdu comme l'ont été ceux qui lui avaient menti. Dieu exalté avait en effet dit de ceux qui avaient menti, quand il fit descendre la révélation, la plus mauvaise chose qu'Il eut jamais cite de quelqu'un: ' 'Ils vous jureront par Dieu, si vous êtes de retour parmi eux, afin que vous vous détourniez d'eux. Détournez-vous donc d'eux; car ce sont une saleté et leur refuge est l'Enfer en récompense de ce qu'ils acquerraient (95). Ils vous font des serments afin que vous leur accordiez votre satisfaction. Si vous la leur accordez, Dieu n'accorde pas Sa satisfaction a la gent dévoyée(96)' '. (Chapitre 9 du Coran).

Ka'b dit: ' 'Quart a nous trois, nous n'avons pas été du nombre de ceux qui avaient juré de leur sincérité au Messager de Dieu (BSDL) qui accepta leurs excuses et leur allégeance et pria pour leur absolution. Il avait ainsi laissé notre cas en suspens jusqu'a ce que Dieu en décidât de nous. Dieu exalté avait alors dit: ' 'Et Il accepta le repentir des trois qui ont été laissés de coté' '. II voulait dire ainsi non pas que nous avons été laissés en arrière lors de l'expédition de Tabuk, mais qu'on a été laisse de coté par rapport a ceux qui avaient faussement juré de leur innocence' '. (URA)

Dans une autre version: ' 'Le Prophète (BSDL) est sorti un jeudi pour l'expédition de Tabuk. II aimait en effet sortir le jeudi' '. Dans une autre version: ' 'II ne rentrait d'un voyage qu'en plein jour au matin. Une fois rentre, sa première visite était a la mosquée ou il faisait deux unités de prière avant de s'y asseoir' '.


22. 'Omran Ibn Al Housayn (DAS) rapporte qu'une femme de la tribu de Jouhayna vint au Messager de Dieu alors qu'elle était enceinte à la suite de relations adultères. Elle lui dit: ' 'O Messager de Dieu! J'ai transgressé l'une des limites* de Dieu. Fais-moi subir le châtiment qui s'impose' '. Le Prophète (BSDL) fit alors venir son plus proche parent (son répondant) et lui dit: ' 'Traite-la bien. Dès qu'elle met au monde son enfant, viens me voir!' '. Et c'est ce qu'il fit. Le Prophète (BSDL) donna alors l'ordre de bien attacher ses vêtements à son corps (pour éviter qu'elle ne se découvre) puis de la lapider. Une fois morte, il pria sur elle. 'Omar lui dit: ' '0 Messager de Dieu! Tu pries sur elle alors qu'elle a forniqué?' '. Il lui répondit: ' 'Elle a exprimé un repentir qui, si on le partageait entre soixante dix personnes de Médine, leur suffirait (pour les absoudre). As-tu jamais trouvé de plus noble que son don de sa propre vie à Dieu glorifié et honoré?' '. (Rapporté par Moslem)

* Explication du terme précis ' 'limite de Dieu' ': Dans la juridiction islamique les délits sont de trois sortes:

a) Les délits des limites de Dieu

Ce sont les crimes dont Dieu ou Son Messager (BSDL) ont prononcé explicitement le châtiment. Il n'appartient à personne de modifier ce châtiment ou de le remplacer par un autre. C'est pourquoi on les appelle ' 'les délits des limites de Dieu' '. Ils sont exactement sept:

La fornication.
La calomnie d'adultère.

La consommation des enivrants et des stupéfiants.

Le vol.

Le banditisme.

L'apostasie.

La rebellions.


b) Les délits passibles de la loi du talion

Ce sont ceux où seule la personne lésée ou son répondant ont la latitude de pardonner contre dédommagement pécuniaire (prix du sang ou diya) ou par pure charité. Cependant ni le juge ni le chef de l'État, ni la société ne peuvent pardonner à leur place. Ce sont:

Le meurtre intentionnel.
La violence occasionnant la mort sans l'intention de la donner.
Le meurtre accidentel.
Les coups et blessures dans intentionnels ne causant pas la mort.
Les blessures accidentelles n'occasionnant pas la mort.

c) Il y a enfin les autres délits dits ' 'de la réprimande' '.

On y laisse au juge la liberté du choix de la sanction selon le cas de la faute et en tenant compte de la moralité du fautif.

Cette sanction va de la simple réprimande à la mise a mort, en passant par la flagellation, la prison ou l'exil (c'est la flagellation a laquelle on a le plus souvent recours car elle s'avère en pratique bien plus efficace et dissuasive que la prison).


Commentaire du Hadith :

Dans ce Hadith on cite le cas d'une femme appelée ' 'AlGhamidya' ' qui était venue d'elle-même se dénoncer pour subir le châtiment prévu par la loi et qui est en l'occurrence, la mort par lapidation.
Il y a eu d'ailleurs d'autres cas pareils enregistrés par l'histoire de la juridiction islamique, tel celui de Ma'iz.
Cela semble incroyable a quiconque n'est pas pleinement convaincu des vérités de l'Islam.
Or un Musulman sait que ce monde est éphémère et que ses joies et ses misères ne pèsent rien devant celles de l'au-delà.
C'est pourquoi il préfère subir le châtiment de ses fautes dans ce monde dans l'espoir d'en être acquitté dans l'autre. La réponse du Prophète (BSDc) au calife Omar est bien significative a ce sujet. Il lui a dit en effet que le repentir de cette malheureuse pécheresse suffirait a blanchir soixante dix des pêcheurs de Médine.
C'est cette foi profonde et sincère qui fait d'ailleurs que de tels châtiments ne se justifient en pratique que très rarement à tel point qu'on les mentionne dans les livres d'histoire alors que la chronique quotidienne des faits divers nous annonce chaque jour plus d'horreurs à cause du délaissement de la législation divine jugée par des ignorants sans foi ni scrupule comme un signe de rétrogradation et d'obscurantisme.
Cela démontre bien l'efficacité de la juridiction islamique pour assurer la propreté morale et la sécurité dans une société effectivement musulmane alors que les autres législations ont largement prouve leur faillite totale dans les pays qui se disent civilises où les crimes, les viols et autres actes de banditisme se comptent par milliers a la minute.

23. Selon Ibn 'Abbas (DAS) et Anas Ibn Malek (DAS), le Messager de Dieu (BSDL) a dit: ' 'Si le fils d'Adam avait une vallée pleine d'or, il en souhaiterait une deuxième. Seule la terre en effet peut lui remplir la bouche. Dieu accepte pourtant le repentir de qui revient a Lui' '. (URA)

24. Selon Abou Hourayra (DAS), le Messager de Dieu (BSDL) a dit: ' 'Dieu glorifié et exalté rit à la vue de deux hommes dont l'un tue l'autre et qui entrent pourtant tous deux au Paradis: L'un d'eux combat sur le chemin de Dieu et y est tué. Puis Dieu agrée le repentir du meurtrier qui embrasse alors l'Islam et connaît à son tour le martyre pour la cause de Dieu' '. (URA)