"Gaza ne peut pas continuer à être
la plus grande prison à ciel ouvert du monde !" avait notamment déclaré
Nicolas Sarkozy en février 2009, peu après l’offensive israélienne dans ce
territoire palestinien. Pourtant, le blocus israélien a perduré, ce qui
a "empêché" la reconstruction et les réparations nécessaires, dénoncent
les ONG dans un rapport de vingt pages.
Ces organisations, parmi lesquelles Oxfam
International, le CCFD-Terre solidaire et Amnesty International France,
rappellent que plus de 2,8 milliards d’euros d’aides avaient été
annoncés en faveur du territoire laissé exsangue par trois semaines de
bombardements, qui firent 600 000 tonnes de décombres. Mais "seule une
faible partie des sommes engagées ont été dépensées. Les biens et
équipements destinés à la reconstruction croupissent dans des entrepôts
en dehors de Gaza et la région est toujours en ruines (...). Seuls
quarante et un chargements de matériaux de construction ont été
autorisés à entrer depuis, alors qu’il en faudrait des milliers."
TERRES INEXPLOITABLES
Les conséquences, recensées par l’ONU et les ONG
déployées sur le terrain, sont multiples : cet été, vingt mille
personnes vivaient toujours loin de chez elles ; 90 % des Gazaouis
subissent des coupures de courant quatre à huit heures par jour, ainsi
que des coupures d’eau, dont seulement 5 à 10 % est potable ; les
destructions dans les entreprises ont intensifié le chômage, qui a
atteint 40 % ; près de la moitié des terres agricoles ont été rendues
inexploitables par le passage des blindés israéliens et l’extension de
la zone-tampon à la frontière avec Israël ; le fonctionnement des
secteurs-clés de la santé et de l’éducation demeure très perturbé.
Les ONG condamnent les tirs de roquette contre des
civils israéliens depuis la bande Gaza, à l’origine de l’offensive.
Mais elles refusent que cette infraction au droit international en
justifie une autre. Or, le blocus imposé par Israël depuis l’arrivée au
pouvoir du Hamas en 2007 dans ce territoire palestinien viole la
convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en
temps de guerre, qui interdit les "punitions collectives", selon elles.
Elles terminent par un "appel à l’action", notamment à destination de
l’Union européenne, pour obtenir la levée du blocus.
Extrait de Le Monde