26/12/2009 - Six Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie et à Gaza
L'armée israélienne a tué samedi six Palestiniens, trois en
Cisjordanie et trois dans la bande de Gaza à la frontière avec Israël,
faisant craindre un regain de violence.
C'est la première fois
depuis la fin de l'offensive israélienne qui a fait 1.400 morts dans la
bande de Gaza il y a près d'un an, qu'un aussi grand nombre de
Palestiniens sont tués par l'armée israélienne en un seul jour.
En Cisjordanie, trois militants présumés du Fatah --le parti du président
palestinien Mahmoud Abbas--, impliqués selon l'armée israélienne dans
le récent assassinat d'un colon israélien, ont été tués à Naplouse
(nord).
L'armée israélienne et des sources palestiniennes ont
fourni des versions divergentes des faits d'où il ressort toutefois que
les trois hommes n'ont pas ouvert le feu.
Dans la bande de Gaza,
trois Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. Selon des
sources palestiniennes, les victimes sont des ferrailleurs ramassant
des bouts de métal près de la clôture séparant l'enclave palestinienne
d'Israël.
Une porte-parole de l'armée israélienne a affirmé en
revanche que les trois hommes avaient eu un "comportement suspect",
alors qu'ils "rampaient vers la clôture", dans une zone dont l'accès
est interdit par l'armée israélienne. Elle n'a pas mentionné d'armes en
leur possession.
A Naplouse, Ghassan Abou Charkh (40 ans), Raïd
Al-Surakji (40 ans) et Anan Subuh (31 ans) ont été abattus par des
soldats en civil des forces spéciales israéliennes, selon des témoins.
Les soldats ont pénétré tôt samedi dans la Vieille ville, dans une zone
autonome palestinienne. Une femme a été blessée.
Selon leurs
familles, ils ont été abattus de sang-froid, sans sommations.
L'organisation israélienne de défense des droits de l'Homme B'Tselem a
réclamé une enquête.
"Sur la base de témoignages recueillis sur
place, il semble qu'au moins deux des trois hommes n'étaient pas armés
et qu'ils ont été abattus alors qu'ils cherchaient à se rendre", a
déclaré à l'AFP la porte-parole de cet organisme, Sarit Michaëli.
"Il y a de bonnes raisons de soupçonner qu'il s'agit d'une opération de liquidation", a-t-elle ajouté.
Les
trois hommes ont été enterrés samedi en présence de milliers de
personnes, tandis qu'une grève de 24 heures était décrétée à Naplouse.
L'Autorité
palestinienne a dénoncé une "dangereuse escalade de la violence" qui,
selon elle, compromet la sécurité et la stabilité instaurée par les
services de sécurité palestiniens dans les territoire occupés.
Le
mouvement palestinien Hamas, qui contrôle
la bande de Gaza, a accusé l'occupation israélienne, tout en mettant en
cause l'Autorité palestinienne et ses services de sécurité, qu'il
accuse de coopérer avec Israël.
"Ce sont les trois terroristes
qui ont perpétré jeudi dernier l'attentat à l'arme à feu qui a tué un
Israélien", un colon de 45 ans, dans la même région, a déclaré à l'AFP
une porte-parole militaire israélienne.
"Sur la foi de
renseignements précis, nos forces ont encerclé trois maisons à Naplouse
où ils s'étaient retranchés et les ont éliminés après les sommations
d'usage", a ajouté la porte-parole.
Anan Subuh était un activiste
des Brigades des martyrs d'Al Aqsa, un groupe armé lié au Fatah mais
pratiquement autonome. Les deux autres étaient des militants du Fatah,
selon un responsable des services de sécurité palestiniens.
Le
porte-parole de l'administration militaire israélienne, Peter Lerner, a
reconnu quant à lui que les trois hommes n'avaient pas ouvert le feu,
mais souligné qu'ils étaient "armés et dangereux". L'armée israélienne
aurait retrouvé sur les lieux deux pistolets et deux fusils d'assaut M-16.
Jeudi,
un colon israélien avait été tué par balles sur une route près de
Naplouse, dans un attentat revendiqué par un groupe des Brigades des
martyrs d'Al-Aqsa.
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